quarta-feira, 29 de agosto de 2012

Droit et politique chez Eric Voegelin

«De l´institutionnalisme d´Hauriou et du décisionnisme de Schmitt, Voegelin retient le refus de l´hégémonie de la science juridique sur la science politique:
 
Il était manifestement impossible de traiter des problèmes de l´État et de la politique en général, en omettant tout sauf la logique des normes juridiques. Par conséquent, ma divergence par rapport à Kelsen se développa du fait de mon intérêt pour les matériaux d´une science politique qui avait été exclue de la théorie politique, entendue au sens de théorie du droit [...]. Il me semblait que la tâche d´une science politique à venir davait consister à reconstruire la science politique dans toute son étendue après qu´elle eut été réduite au noyau de la Normlogik.
 
 
Le premier article de Voegelin, daté de 1924, est rédigé sur le ton d´une discussion entre un disciple et son maître. Voegelin pointe cependant d´emblée un problème qui va dans ses écrits ultérieur justifier l´exigence d´une théorie métajuridique de la politique. Pour Kelsen, ce qui distingue une norme juridique d´une autre norme (morale ou religieuse par exemple), c´est son caractère contraignant. la norme juridique se présente sous la forme d´un jugement hypothétique qui lie deux normes différentes. La première (que Kelsen apelle «norme secondaire»), hypothétique, qui ordonne ou interdit telle ou telle conduite humaine est la condition d´application de la seconde (la norme «primaire»), qui ordonne la contrainte de la part des organes étatiques. Structurellement donc, la norme étatique se présente da la façon suivante:
 
Si un homme se comporte d´une manière déterminée, c´est-à-dire s´il fait quelque chose de déterminée ou s´il s´abstien de le faire, un autre homme, à savoir l´organe de l´État, doit produire contre le premier un acte de contrainte.
 
 
La norme juridique n´a ainsi pour objet immédiat que la relation entre l´État et ses organes: la violation de la règle n´est que la condition d´application de la norme et la sanction n´en est que la conséquence. Mais qu´appelons-nous ici «État» sinon le point d´imputation des différentes normes primaires, au sens où ce qui est appliqué par un organe étatique l´est, fictivement, par «l´État»? Inversement, qu´est-ce qui rend légale l´action de contrainte exercée par tel ou tel individu, sinon le fait qu´il soit considéré comme un organe étatique juridiquement habilité? Le positivisme normatif se meut ainsi à l´intérieur d´un cercle logique: un ordre normatif n´est juridique qu´en référence à la contrainte exercée par les organes de l´État; mais l´organe étatique ne se définit lui-même que par sa conformité aux prescriptions du droit. Ou, pour dire les choses autrement, une norme n´est juridique que si elle se rapporte à une contrainte de la part des organes de l´État que s´ il agit conformément aux normes juridiques.»
 
In "Voegelin - Symboles du politique", Thierry Gontier páginas 22 e 23.

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